mercredi 26 février 2014

Les signes biologiques

Les signes biologiques


Le bilan à pratiquer reste simple et facilement réalisable. Le médecin aura à demander une calcémie (taux de calcium dans le sang), une calciurie des 24 heures (élimination urinaire de calcium), une magnésemie (taux de magnésium dans le sang), mais aussi un dosage du magnésium contenu dans les globules rouges, une phosphatémie et le dosage des phosphates alcalines (enzymes).

1. La calcémie

Elle est pratiquement toujours normale et très rarement à la limite inférieure.
C'est d'ailleurs pour cette raison que la spasmophilie a été appelée (entre autre): tétanie normocalcémique. En fait, il existe une anomalie du calcium mais elle concerne non pas le calcium circulant, celui que l'on dose, mais le calcium intratissulaire.Ce dosage est difficile et pratiqué par des laboratoires spécialisés où l'on a montré que la quantité globale du calcium (pool calcique)est abaissé chez le spasmophile. En effet, il existe des échanges continuels de calcium entre le calcium sanguin et le calcium tissulaire, osseux par exemple.
La simple mesure du calcium sanguin ne donne donc aucun reflet de l'existence ou non d'une spasmophilie. Il faudrait pour cela pouvoir doser le calcium total de l'organisme, ce qui est impossible actuellement, autrement que dans des services de médecine nucléaire.


2. La calciurie des 24h.

L'élimination urinaire du calcium est normale chez 80% des spasmophiles. Elle est augmentée dans 20% des cas. C'est cette augmentation qui est responsable de certains troubles urinaires que nous avons décrits plus haut, en particulier les lithiases rénales calciques (calculs).


3. La magnésémie.

Le magnésium plasmatique est presque toujours normal et c'est pour cela que l'on est amené à demander un dosage du magnésium érythrocytaire qui est diminué dans environ un tiers des cas.
Actuellement se précise de plus en plus l'importance de ce facteur et c'est le docteuur Durlach qui l'a le premier mis en évidence en identifiant la spasmophilie à un déficit chronique en magnésium.
Nous verrons plus loin les conséquences de cette importance tant au niveau de l'explication dans l'apparition des symptômes qu'au plan du traitement.


4. La phosphatémie.

Elle est abaissée dans 20% des cas.


5. Les phosphatases alcalines (enzymes hépatiques).

Ils sont normaux (80%), non abaissés (20%).


6. Les phosphatases alcalines (enzyme hépatiques).

Elles sont abaissées et elles traduisent une diminution de l'activité osseuse. Cliniquement cela entraînera chez un grand nombre de femmes spasmophiles, l'apparition d'une ostéoporose (décalcification osseuse) après la ménopause).

DEUXIÈME PARTIE


Se reconnaître ou non spasmophile

Porter un bon diagnostic"Chassez le naturel: il revient au galop"
Se guérir par les médecines douces


PORTER UN BON DIAGNOSTIC

Les signes cliniques


Les symptômes que nous avons cités précédemment, nombreux il est vrai, sont la plupart du temps décrits par les patients. Il existe donc une grande part de subjectivité dans le ressenti de chacun d'eux. Certains, par exemple seront effrayés par l'apparition d'un vertige inopiné, d'autres le ressentiront comme un léger trouble passager.
Un médecin, après l'écoute attentive et nécessaire de son patient devra tenir compte de cet aspect "interprété" des symptômes et mettre en oeuvre des moyens de diagnostics objectifs ne faisant pas appel au vécu du patient. Nous décrivons ci-après les manœuvres utilisables par le médecin pour mettre en évidence les signes d'hyperexcitabilité neuro-musculaire. Il faut noter d'ores et déjà que nous consacrerons plus loin un paragraphe complet à l'iridologie qui nous semble d'une importance capitale pour faire un diagnostic simple et toutefois complet de la spasmophilie et du terrain du patient.

Le signe de Chvostek

Il se recherche d'une façon très simple à l'aide d'un marteau à réflexes. Le médecin se place face au patient et lui demande d'entrouvrir légèrement la bouche, puis percute la joue juste en dessous de la pommette.
Quand il existe, le signe de Chvostek consiste en une contracture de la bouche par l'intermédiaire de l'orbiculaire des lèvres, ce qui réalise une sorte de moue et au maximum une forme de "museau de carpe".
Type 1: contraction isolée de la lèvre supérieur du côté de la percussion. Contraction bilatérale de la lèvre supérieure.
Type 3: contraction diffusée aux deux lèvres.
L'existence de ce signe n'est pourtant pas spécifique du diagnostic de la spasmophilie. Il est principalement révélateur d'une hyperexcitabilité neuro-musculaire. Il aura donc une valeur d'orientation et il faudra rester circoncept et vigilant car il peut aussi traduire une spasmophilie latente qui pourra apparaître à l'occasion d'un stress quelconque.
A contrario, certains spasmophiles avérés et améliorés par le traitement ne présentent pas ce signe de Chvostek. Statistiquement on considère que 78% des spasmophiles ont un signe de Chvostek mais aussi qu'un grand nombre de sujets, parmi les adultes jeunes, ont aussi un signe de Chvostek sans être spasmophile (14%).

La manœuvre de Trousseau

C'est Trousseau qui en 1854 constata l'apparition de ce signe à l'occasion d'une saignée au bras. Il s'agit d'exercer une compression sur le bras de façon à gêner la circulation artérielle et veineuse. On utilise simplement le brassard d'un appareil à tension gonflé un peu au dessus de la tension maxima. Cette compression est maintenue environ 3 minutes et elle provoque les mêmes symptômes que ceux que l'on peut observer spontanément dans la tétine: fourmillement, sensations de spasmes lui même. Il consiste en une contracture de la main et des doigts en forme de "main d'accoucher". Dans certains cas, ce phénomène est immédiat, apparaissant au cours de la compression, mais très souvent il se réalise au moment où on lève le garrot.
Dans quelques cas incertains on peut faciliter l'apparition de ce signe par l'épreuve d'hyperpnée-garrot. Le garrot (appareil à tension) est laissé en place trois minutes environ pendant que l'on demande au patient de respirer amplement, profondément et calmement.
La manœuvre de Trousseau et l'hyperpnée-garrot peuvent faire apparaître ou augmenter le signe de Chvostek, et accroître la vivacité des réflexes Ostéo-tendineux (ceux que l'on retrouve en percutant le genou avec un marteau à réflexes). L'épreuve d'hyperpnée-garrot apporte ici des arguments précieux mais elle ne présente encore rien d'absolu. Elle peut être rarement négative chez d'authentiques spasmophiles, par contre positive dans des états non spasmophiles.
Outre l'examen iridologique, tels sont les critères objectifs cliniques de l'existence d'une spasmophilie. Cependant, il ne faudra pas négliger l'apport de l'examen biologique que nous allons maintenant évoquer.

lundi 24 février 2014

Différents cas de spasmophiles


BILAN


Quelles réflexions peut-on dès à présent apporter avant d'aborder le chapitre sur les diagnostics et les différentes thérapeutiques ?


Nous pensons que réduire la spasmophilie à la traduction clinique de phénomènes biologiques équivaut à fermer les yeux devant la grande diversité des cas présentés. La plupart du temps, en effet, le distinguo entre les différents spasmophiles est beaucoup plus subtil.
Il faut savoir que nous n'aurons presque jamais affaire aux même tableaux et considérer que chaque malade est unique en son genre, ce que nous affirmions au début de cet ouvrage en disant que le diagnostic est porté de nos jours plus sûrement. Cependant pour être précis, il faut bien connaitre et reconnaître la spasmophilie dans t out le cortège des symptômes différents présentés au cours d'une consultation. Ces symptômes, nous le savons, sont physiques et/ou psychiques et c'est cette balance savamment équilibrée qui fait toute la difficulté du diagnostic. Le médecin peut en effet être tenté de cataloguer beaucoup de symptômes psychiques dans le domaine névrotique et traiter son patient avec les seules thérapeutiques réservées au psychisme. A contrario, devant une symptomatologie très somatique où le corps va beaucoup parler, où la demande sera très concrétisée par des signes corporels, il aura peut être tendance à renvoyer le malade face à ses plaintes à l'aide de thérapeutiques palliatives par exemple des antalgiques uniquement devant les douleurs dorsales ou des antispasmodiques devant une colite.
Dans l'un et l'autre cas, et si bien sûr il s'agit d'un ou d'une spasmophile, seule la moitié du chemin aura été parcourue.
Nous pensons qu'il existe un terrain spasmophile, c'est à dire une tendance à le devenir. On peut, en effet, présenter peu ou prou des signes que nous avons décrits et ne pas être spasmophile. Au contraire on peut être spasmophile et ne pas souffrir que d'un trouble qui, à lui seul va traduire toute la pathologie. Il y a surement à l'origine une anxiété visible ou o, mais il est fort probable que celle-ci soit liée au terrain hypersensible  du patient. A l'origine il existe sûrement un léger trouble du métabolisme phosphocalcique. Dès que l'anxiété aura été suffisamment exacerbée elle pourra, par le mécanisme de l'hyperventilation, créer soit une crise de tétanie dans les cas aigus, soit la pathologie chronique de la spasmophilie. A l'inverse, si le trouble du métabolisme phosphocalcique est trop important il va aussi créer une anxiété, une hyper-réflectivité réactionnelle. Ainsi la bouche est bouclée et en fait si nous n'avons pas précisé exactement où se trouve l'origine de la spasmophilie c'est justement parce qu'elle se trouve probablement dans ces deux pôles, psychologiques et physiologique en même temps.

Pour concrétiser la variabilité des symptômes et l'existence des deux pôles nous décrirons ci-après deux cas de spasmophilie dont les symptômes sont apparemment  opposés mais que les investigations biologiques et électromyographique ont réuni dans l'unité spasmophilique.

1er cas :

Madame X, 32 ans, vient nous consulter pour des douleurs dorsales datant de plusieurs années. Bien sûr son métier y est surement pour quelque chose, elle est dactylo et elle connaissait autour d'elle beaucoup de collègues souffrant de maux identiques. Cependant face à la persistance de ses douleurs ne cédant pas au repos elle alla consulter un confrère qui lui prescrit des examens radiographiques. Ces derniers ne montrèrent aucune altération pouvant expliquer l'intensité des douleurs. Le traitement consista alors en médicament anti-inflammatoire et une série de massages.
Les médicaments ont partiellement soulagé la patiente du fait de l'inflammation réelle existante mais ont aussi provoqué des effets secondaires à type de douleurs et de brûlures gastriques. Il ne furent donc utilisés que quelques jours. Les massages quant à eux donnèrent effectivement de bons résultats car ils avaient joué sur la contracture. Pourtant après la série de massages Madame X sentit ses douleurs de dos devenir presque comme avant. Au bout de deux ans nous la vîmes.
En présence d'une jeune femme lassée de ses symptômes, anxieuse et manifestant quelque inquiétude, notre interrogatoire s'orienta vers la recherche d'une spasmophilie. Elle confirma l'existence de fourmillements aux bout des doigts et une sorte de vertige ou plutôt sensation de déséquilibre fugace. Mais surtout elle présentait une fatigue matinale qui, disait-elle, existait déjà avant l'apparition des douleurs dorsales.
L'examen iridologique pratiqué au cours de la consultation traduisit immédiatement la réalité d'une spasmophilie.Nous complétâmes les investigations par un examen de la calcémie, de la magnésémie et du calcium sanguin. Mais l'EMG fut plus catégorique: signes électriques d'une spasmophilie patente décompensée.
Le traitement spécifique entrepris immédiatement améliora la patiente dès le premier mois.Les moments de repos devinrent plus efficaces pour ses douleurs dorsales, son anxiété s'estompa et sa fatigue matinale s'atténua. A u bout de quelques mois de ce traitement sa vie se trouva complètement transformée et Madame X savait que, même long, ce traitement lui apporterait la guérison.

2ème cas :

Madame Y est une femme de 40 ans au passé médical peu chargé. Cependant elle faillit entreprendre un traitement à base de tranquillisants chimiques probablement pour une longue période. Ses symptômes prédominants étaient anxiété diffuse et un nervosisme qui ressentait son entourage. Son médecin lui prescrivit des calmants et ceux-ci ne furent, dans son cas, pas long à montrer leur inefficacité car ils ne traitaient pas l'excitabilité neuro-musculaire, elle se sentait momentanément plus détendue mais cela lui paraissait artificiel et provisoire. Nous la rencontrâmes au bout de quelques semaines de ce traitement qu'elle avait d'ailleurs arrêté d'elle-même.
Comme dans le cas précédent, les examens biologiques, l'EMG et l'examen iridologique confirmèrent le diagnostic. Le traitement médical spécifique entrepris atténua ses troubles d'une façon spectaculaire. Il fut d'ailleurs accompagné d'une relaxation qui se prêtait parfaitement à ce cas dont la guérison survint en quelques mois.
Nous revoyons Madame Y périodiquement afin de renforcer les prescriptions magnésiques et homéopathiques de terrain dans les périodes difficiles comme le printemps et l'automne.
Après ces deux cas il est aisé de se rendre comte de l'existence de deux pôles dans le syndrome spasmophilique. Ces deux pôles existent soit chez le même patient soit séparément; l'affirmation du diagnostic se faisant par un interrogatoire fin et précis, étayé par un examen iridologique et quelques investigations, biologique et électrique.
Tout ceci doit nous garder d'un jugement hâtif et conduire le médecin vers une écoute plus attentive du patent dont les plaintes constituent non seulement une traduction personnelle de ses troubles mais aussi un appel dirigé vers la thérapeute.



lundi 17 février 2014

La spasmophilie mise à nue...


CIRCONSTANCE D'APPARITION: LE STRESS

Si l'on considère que 14% des Français (soit 7 millions) sont spasmophiles, il faut bien dire pourtant que la plupart d'entre eux sont des spasmophiles bien portants et qu'ils n'ont pas besoin de traitement. Cependant, ils ne sont pas 0 l'abri d'une décompensation de leur état latent. Il suffit pour cela que survienne un traumatisme quelconque, ce terme étant étendu dans sa plus large acception. En fait nous appelons traumatisme une agression dirigée sur un patient tant au plan physique qu'au plan moral.
C'est dire que beaucoup de circonstance de la vie peuvent être traumatisantes.
Physiquement, on peut considérer qu'un accident ou une intervention chirurgicale peuvent constituer le point de départ d'une spasmophilie patente.

On peut assimiler aux atteintes physiques les dérèglements physiologiques comme par exemple une croissance rapide, des grossesses rapprochées, un accouchement, l'allaitement, ces situations modifiant beaucoup les mouvements du calcium. Certaines affections ou certains traitements peuvent aussi modifier le métabolisme de la régulation phosphocalcique tels par exemple des troubles du transit intestinal (les diarrhées), une hyper-calciurie idiopathique ou provoquée par des diurétiques, un traitement cortisonique.
Sur le plan métabolique il faut préciser aussi que les contraceptifs oraux aggravent souvent les manifestations spasmophilies et bien sûr peuvent également les révéler. Dans le même ordre d'idée les symptômes sont volontiers plus riches pendant la période pré-menstruelle.

Une simple observation nous montre que, d'évidence, il existe des variations saisonnières. Ainsi, l'automne et le printemps sont des saisons particulièrement propices aux recrudescences des manifestations. Les patients spasmophiles le savent très bien et de mieux en mieux d'ailleurs; ils demandent un ajustement de leur traitement au début de ces deux périodes. 
Moralement, peuvent être ressentis par les patients comme des facteurs déclenchant de décompensation spasmophiliques, les grands chagrins, les grandes joies, les émotions fortes, les peurs paniques, etc.
Ainsi un spasmophiles latent va se décompenser à la suite du décès d'un être proche, d'un divorce, d'un gain important à la loterie nationale, voire de la disparition de son chien.

De par ses multiples causes physiques, il est donc bon de connaître les mécanismes d'apparition de la spasmophilie chez chacun des malades, afin de mieux corriger les risques.
En corollaire de cette proposition on peut dire que chaque patient spasmophile est différent d'un autre et que les signes présentés lui sont propres; son traitement sera alors personnalisé. Cette notion est importante dans l'optique ou nous envisageons le problème car que ce soit pour le traitement par acupuncture ou par homéopathie, chaque patient aura une thérapeuthique différente, avec souvent une base commune.
Dans le domaine psychologique aussi, on peut être amené à évoquer l'idée de traumatisme révélatoire. Cependant, on parle plus facilement maintenant de la notion de "stress". C'est en 1936 que Selye utilisa le premier ce terme. Il s'était aperçu, dans une série d'expérimentation animales que l'usage d'un agent agressif entraîne, outre les lésions qui le caractérisent, une série de phénomènes non spécifiques en réaction à cette agression.
L'évolution se faisait en trois phases:
1- Réaction d'alarme.
2- Période de résistance.
3- Phase d'épuisement de la réaction.
C'est cette réaction qu'il appela syndrome d'adaptation ou "stress" que l'on peut définir comme une "réponse non spécifique de l'organisme à toute demande qui lui est faite".
Pour l'homme, si les agressions sont de plus en plus nombreuses et même si elles sont moins "vitales", la fuite par contre n'est plus possible. C'est alors que l'organisme va réagir en utilisant le système nerveux autonome par le biais du système sympathique. On pourra, en conséquence observer par exemple une accélération de la fréquence cardiaque, une sécrétion de sueur, des contractions des muscles lisses de l'estomac, une contraction du sphincter vésical...
Or, tout le système neuro-végétatif est sous la dépendance du cortex, c'est à dire de la région externe du cerveau. C'est dire que le système neuro-végétatif n'est pas si autonome que cela, car en fait il reste très influencé par les informations reçues en premier, par le cerveau psychique.
Pour illustrer ce propos, si à l'état de repos et sans information notre cœur a une fréquence de 75 pulsations par minute, il peut continuer de battre à la même fréquence si une information indifférente parvient à notre cortex. Mais si une donnée très partiale, chargée d'émotion survient, qui fait intervenir notre sensibilité, alors la fréquence va augmenter sans aucune action volontaire de notre part.
Biologiquement il y a augmentation de la sécrétion d'adrénaline et de corticoïdes. Ces derniers agissent sur les organes par réactions, l'une rapide avec l'adrénaline, l'autre lente par les corticoïdes.
Ces différents métabolites peuvent avoir une action pathologique sur les différents organes.
Au niveau cardio-vasculaire, on observera une tachycardie, une vasoconstriction, une augmentation du débit sanguin. Au niveau digestif, on pourra observer les vomissements, les diarrhées et bien sûr l'apparition d'un ulcère. Au plan métabolique, il y aura une libération des réserves de sucre du foie par l'action des corticoïdes sécrétés par les glandes surrénales.
Par ce cheminement logique dans l'explication de certains troubles on peut constater qu'il ne peut pas y avoir de scission entre le psychisme et l'organique, entre la "psyché" et le "soma" ou le fonctionnel. On aura au passage reconnu la façon dont on a forgé l'idée de maladie psychosomatique ou psycho fonctionnelle.
D'après la façon dont les malades répondent à leurs troubles on les classe en trois catégories selon leur terrain respectif.

Type A. - Il s'agit de patients que l'on appelle parfois extravertis. Ces derniers favorisent une pathologie souvent somatique, organique, telle une hypertension artérielle, un ulcère gastro-duodénal, etc.

Monsieur D, chef d'une moyenne entreprise, à la suite d'une difficulté sur le plan professionnel quant à la rentabilité de son affaire, présente une fatigue croissante presque inexplicable car n'ayant aucun rapport direct avec son activité.
Cet homme de 40 ans, de petite taille, coléreux et impulsif consulte son médecin afin de faire pratiquer un bilan complet.
C'est lors de l'interrogatoire et de l'examen clinique et iridologique, qu'il signale au médecin qu'il souffre également depuis quelques semaines, d'une douleur abdominale haute, qui ne l'avait inquiété outre mesure car elle disparaissait très facilement après ses repas.
Or, c'est le signe insignifiant pour M.D, qui constitue pour le médecin la clef du diagnostic, confirmé par une radiographie de l'estomac montrant la présence d'un ulcère que l'on pourrait appeler de stress.
Outre son traitement magnésique, thérapeutique de fond de sa spasmophilie, car c'en était une, M.D se verra prescrire un traitement d'attaque pour son ulcère qui guérira en six semaines.

Type B. - Ce sont ceux qui répondent à l’appellation de psycho fonctionnels. Ici les organes ne sont pas touchés directement; c'est, comme le mot l'indique, la fonction qui est perturbée. C'est la que l'on retrouve une des pathologies les plus fréquemment associées à la spasmophilie: la colite spasmodique.
Dans cette affection on peut considérer que le côlon est une cible privilégiée. Il n'est pas atteint dans sa texture mais dans son fonctionnement.

Type C.- Il constitue le groupe que l'on appelle les "faux calmes", qui souffrent le plus souvent en silence. Il s'agit ici de gens qui évoque leurs réactions affectives avec des expressions du type: "J'ai des colères rentrées", "je garde tout pour moi", "je m'énerve intérieurement".

Après cette mise au point on peut se demander ou l'on peut placer les malades du type B, car de toute évidence le type A correspond à la pensée opératoire, par laquelle les patients sont souvent aptes à manipuler la réalité en la décrivant très précisément, et le type C à la pensée névrotique ou filtre à l'inverse de la précédente, beaucoup de fantaisie et d'imagination, le terme de névrotique ne devant pas être pris dans un sens péjoratif.
Le type B est en fait simplement situé entre les deux; c'est un amalgame des deux registres psycho-fonctionnelle. C'est en quelque sorte le corps qui va parler pour les malades et chacun d'eux présentera une pathologie plus ou moins différente selon l'organe cible préférentiel atteint.
Après avoir trouvé un lien entre la sphère psychique et la sphère organique une question reste posée: les troubles psychiques vont-ils entraîner un dérèglement biologique générateur d'une spasmophilie ou inversement, le primum movens est-il une anomalie primitive de la régulation phosphocalcique et magnésique?
Si, jusqu'à présent les médecins sont restés aussi divisés sur ce point c'est que la relation entre psyché et soma, nous l'avons vu, est très étroite.
La variabilité des situations psychologiques accompagnant le "syndrome spasmophilie" illustre bien les limites des conceptions divisées dans l'approche du malade ayant une souffrance psychique.
La dimension somatique et biologique du syndrome spasmophile ne fait aucun doute. Il s'associe, pour s'en tenir aux signe objectifs, une hyper-réflectivité neuro-musculaire, une hyper-excitabilité à l'EMG et parfois une hypomagnésémie érythrocytaire. Cependant aucun d'eux, et en particulier l'EMG ( Électromyogramme, que nous étudierons dans un prochain chapitre), n'est pathognomonique (spécifique). Ces symptômes sont d'expression somatique ou biologique et l'absence hypocalcémie constitue une ligne de partage avec la tétanie dont personne ne discute l'origine biologique. Pourtant rien ne permet de dire aujourd'hui que d'autres anomalies biologiques plus fines et non identifiables pour l'instant ne lui donneront pas un jour une réalité propre.
La spasmophilie soulève donc toujours la question des rapports entre le cerveau et la pensée. Cette question n'est pas nouvelle et deux types d'explication sont habituellement donnés. Citons-les pour mémoire.
-L'hypothèse "inter-réactionniste" qui impliquait qu'une sorte de doublure matérielle sous tendrait la conscience et agirait par délégation.
-L'hypothèse "paralléliste" qui admettrait deux séries distinctes de phénomènes, psychiques d'un côté, physique de l'autre sans interaction.
Si le concept de spasmophilie parait ambigu, cela tient d'abord aux difficultés de conceptualisation qu'il suscite, mais aussi à sa définition de maladie organique ou fonctionnelle. Il ne pouvait donc qu'être relégué dans un domaine frontière aux limites floues.

MÉCANISME DE L EVOLUTION DE LA SPASMOPHILIE

Il faut avant tout évoquer la façon dont on peut s'expliquer et se comprendre, en général, l'hyperexcitabilité neuro-musculaire. Une première explication est l'existence de l'abaissement constitutionnel du seuil d'excitabilité de certains sujets, la prédominance féminine étant due à la présence des œstrogènes (hormones) qui contribuent à abaisser ce seuil. Ces sujets seront donc plus rapidement et facilement sensibles aux stress que nous avons déjà évoqués.
Une deuxième explication que l'on retient en général est celle de l'intervention des facteurs métaboliques.
-Tout d'abord de la perméabilité des membranes cellulaires dans laquelle le calcium joue un rôle essentiel.
-Puis de la polarisation de repos qui liée au rapport: potassium intracellulaire/potassium extracellulaire.
Là, interviennent certains enzymes, exemple ATP, pour lesquels le magnésium joue un rôle primordial. Nous le verrons d'ailleurs plus loin à propos des conséquences thérapeutiques.
Enfin,  il ne faut pas oublier que ce phénomène électrique aboutit en fin de compte, à l'extrémité de la cellule nerveuse, à la libération de neuro-médiateurs. Cette libération implique des phénomènes enzymatiques très nombreux, très complexes.
Il est maintenant plus aisé de remarquer que toute l’élévation de ce rapport est tétanigène et va augmenter l'excitabilité neuro-musculaire avec diminution du seuil d'apparition de l'excitation.
Pour élever ce rapport on peut, soit augmenter le nominateur, soit diminuer le dénominateur. Ce phénomène va pouvoir s'observer dans toute une série de circonstances et de troubles métaboliques.
Toute élévation du potassium (K) peut déclencher cette hyper excitabilité mais aussi et surtout, toute baisse de calcium, magnésium et de la concentration des ions hydrogènes. La baisse des ions hydrogènes est réalisée dans toute alcalose métabolique ou plus fréquemment d'une alcalose respiratoire par hyper-apnée ( augmentation en amplitude et en fréquence de la respiration par exemple au cours de certaines circonstances anxiogènes).
La baisse du calcium peut, elle, être liée à plusieurs mécanismes:
-Diabète rénal avec pertes urinaires importantes du calcium.
-Mauvaise pénétration du calcium dans la cellule par imperméabilité de la membrane.
Ces deux mécanismes, liés entre eux jouent un rôle très probables dans la spasmophilie.
Citons cependant pour mémoire deux autres causes de baisse du calcium sanguin et sans relation avec la spasmophilie:
-L'insuffisance para thyroïdienne où il s'agit d'une affection organique atteignant les deux glandes parathyroïdes. Dans l'insuffisance para thyroïdienne le calcium sanguin est abaissé.
-La diminution de l'absorbation intestinale avec carence d'apport ou carence en vitamine D.
Le déficit magnésique est sûrement actuellement un des éléments que l'on doit prendre en considération pour expliquer, du moins en partie, l'hyperexcitabilité neuro-musculaire. Les causes en sont multiples et sont encore partiellement inconnues. Cependant, on est sûr qu'il existe un lien entre le déficit magnésique et la perturbation dans les échanges calciques.

Nous pouvons maintenant détailler plus avant les différentes hypothèses intervenant dans la spasmophilie.
-La moins admise actuellement est certainement la théorie de la nature hypoparathyroïdienne proposée par le professeur Klotz il y a quelques années (1958 - 1963). Pour ce dernier, la spasmophilie était considérée comme liée à une insuffisance para thyroïdienne. En fait, dans la spasmophilie, nous l'avons vu, on ne retrouve pas d'hypocalcémie et d'autre part les dosages d'une hormone sécrétée par les glandes parathyroïdes (PTH) sont normaux.
Cependant les docteurs Milhaud et Klotz ont eu le mérite de montrer, par l'utilisation de calcium radioactif (Ca 45) qu'il existait un pool calcique (c'est à dire la quantité globale de calcium contenue dans l'organisme) diminué avec en particulier un abaissement de calcium intracellulaire chez les sujets atteints de spasmophilie. En conclusion, on peut affirmer que la spasmophilie est un état dans lequel le métabolisme du calcium est concerné.
-La théorie hypomagnésique est celle qui prévaut actuellement. Elle est défendue et mise en évidence par le docteur Durlach qui l'a définie myoélectriquement dans la spasmophilie.
On a également pu décrire une baisse de la magnésémie moyenne (Rosselle et Coll).
Par ce biais, cette affection est identifiée à un déficit magnésique cellulaire. Ce déficit fournit à la spasmophilie la base biologique qui lui manquait pour affirmer son individualité.
Cette théorie explique que la baisse du magnésium sanguin est la cause des troubles observés et entraîne secondairement un mécanisme calcique.
De fait, au cours des tétanies, la correction par l'apport de magnésium a fait émettre l'hypothèse ramenant la tétanie normo-calcémique avec un déficit magnésique à un mécanisme calcique secondaire.
Actuellement donc le lien qui existe entre le déficit en magnésium et les perturbation de calcium est un point important.
- L'hypothèse de cette hyperventilation secondaire à un stimulus anxiogène est une notion anglo-saxonne. Elle classe la spasmophilie dans les "névroses hyperpnéiques" c'est à dire dans une catégorie de troubles où le patient va chercher sa respiration profondément au cours d'un stress psychique ou même physique.
Cette augmentation de la respiration peut produite des troubles identiques à ceux de la spasmophilie. En effet, la baisse relative du gaz carbonique dans le sang crée une diminution des taux de calcium et magnésium sanguins.
L'hypothèse du déficit en calcium en calcium est celle que la biochimie peut démontrer plus facilement. Il existerait un trouble du métabolisme cellulaire du calcium, probablement génétique.
La membrane cellulaire serait moins perméable au calcium et ce dernier serait "séquestré" à l'intérieur des cellules.

Pour terminer essayons d'expliquer le mécanisme de la crise de tétanie.
Il existe deux hypothèses:
1. -Lorsque le taux de calcium dans la cellule a diminué jusqu'à un certain seuil, il se produit des manifestations d'hyperexcitabilité neuro-musculaire et nerveuses qui entraînent à la fois des troubles somatiques et psychiques.
2. -Nous avons affaire au départ à des sujets anxieux qui en présence d'une baisse de calcium cellulaire, traduisent leur anxiété par une somatisation particulière: manifestations d'hyperexcitabilité neuro-musculaire, d'hyperventilation (respiration profonde et ample) et autres troubles. Ces troubles aggravant l'anxiété et aboutissant à un état d'allure névrotique.


IMPLICATION DU MAGNÉSIUM DANS LA SPASMOPHILIE

L'importance que prend le magnésium actuellement, tant dans le domaine des mécanismes de la spasmophilie que dans le domaine des mécanismes de la spasmophilie que dans le traitement de celle-ci, nous a amenés à réserver une place particulière à cet élément. Nous allons détailler en quelques points les différentes facettes de ce métal.

Où le trouve-t-on?

- A l'état natif la magnésium se présente comme un métal plutôt léger. Il existe au niveau du sol et dans certains aliments en quantités très minimes. Il joue un rôle chez l'homme, chez les animaux et les végétaux ou il intervient notamment dans la synthèse et la chlorophylle. Il est indispensable aux ruminants et particulièrement aux vaches laitières.
Dans les années 1920, les vétérinaires connaissaient la "maladie des pâturages" ou "tétanie d'herbage" et l'importance que revêtait le magnésium dans cette affection. L'action du magnésium n'est donc pas une nouveauté de nos jours mais véritablement une redécouverte aménagée de quelques modifications dues à la plus grande connaissance de la physiologie et de la pharmacologie.
Le magnésium n'existe pas en tant que tel à l'état brut.Il existe en effet sous forme de sels de magnésium.
La teneur des sols en magnésium est très variable selon plusieurs facteurs tels les engrais industriels et fertilisants. Ceux-ci peuvent la déséquilibrer. Ainsi, la potasse et le calcium contenus dans certains d'entre eux empêche le magnésium de pénétrer dans les végétaux poussant sur ces terres. Selon les régions on trouvera des disparités très grandes dans la richesse des sols en magnésium. Ces différences ont une conséquence sur les cultures potagères et céréalières, or nous verrons plus loin que l'alimentation a été et reste la seule et unique source de magnésium pour l'être humain.
Parmi les aliments riches en magnésium, les céréales et les légumes occupent une place essentielle.

Absorption et élimination


Le magnésium est un élément qui joue un rôle dans de nombreuses fonctions physiologiques. Le stock en est pourtant réduit: 24 grammes chez un adulte de poids moyen. Deux tiers se retrouvent dans les os et un tiers dans les muscles, tissus nerveux et viscères. Un pour cent seulement circule dans le plasma. On comprend pourquoi, lorsqu'on fait un bilan sanguin, il est bon d'analyser le contenu cellulaire en magnésium et non pas seulement le contenu sanguin.
C'est au niveau de l'intestin grêle que le magnésium est absorbé. Seuls 40 à 70% de la quantité ingérée seront utilisés. Ces taux peuvent baisser d'avantage sous l'influence de certains facteurs comme un régime riche en matières grasses. De même le calcium peut inhiber l'absorption du magnésium car il y a compétition entre les deux éléments et c'est le calcium qui est absorbé en priorité.C'est pour cette raison qu'il ne faut pas prescrire du calcium et du magnésium en même temps mais à des moments différents.
Le magnésium qui n'a pas été absorbé dans l'intestin grêle va être éliminé dans les selles; celui qui circule dans l'organisme le sera par la sueur et les urines. C'est ainsi que chaque jour nous éliminions plus de 1.5% du magnésium total contenu dans notre organisme. Il faudra donc renouveler quotidiennement ces pertes pour disposer d'un stock normal et éviter tout déséquilibre qui pourrait devenir chronique.
Pour couvrir les pertes nous avons besoin de 350 à 400mg de magnésium par jour. Ces besoins sont doublés voire triplés chez le nourrisson, l'enfant, l'adolescent, la femme enceinte et l'adulte malade.
Or l'alimentation courante n'apporte que 200 à 250 mg de magnésium par jour, ce qui est insuffisant pour satisfaire les besoins de base. Un apport supplémentaire devient donc nécessaire soit par une modification de l'alimentation soit par un apport médicamenteux de magnésium.

Un élément indispensable.


Après avoir vu combien il est difficile d'assurer l'équilibre quotidien en magnésium nous allons voir maintenant pourquoi cet élément fondamental peut, lorsqu'il fait défaut, entraîner des troubles aussi différents que variés. Au plan musculaire le magnésium représente 28% du pool organique soit 7 grammes.
Il joue à ce niveau-là un rôle essentiel dans ce que l'on a appelé l'excitabilité neuro-musculaire. Cette dernière repose sur la fonction électrique des cellules nerveuses dont l'excitabilité tient aux échanges incessants qui se font entre l'intérieur et l'extérieur des cellules. Ces échanges se font à partir de particules chargées électriquement, les ions. La plupart d'entre eux, appelés cations, comme le sodium, le potassium, le calcium, sont chargés positivement; les autres, comme le chlore, appelés anions, sont chargés négativement. C'est en passant alternativement vers l'extérieur potassium et sodium que la cellule va pouvoir successivement être excitée (d'où l'influx nerveux) et se reposer.
Mais ce mécanisme ne fonctionne que grâce à l’intermédiaire d'un enzyme, lui même régi par le magnésium. Ce dernier va donc agir pour régler toute l'excitabilité cellulaire de notre système nerveux, de notre cerveau jusqu'à le plus petite fibre nerveuse de l'extrémité de nos membres. Bien sûr, les muscles et en particulier le muscle cardiaque, ne peuvent agir que sous l'effet d'une impulsion nerveuse.
On peut se rendre aisément compte à présent que le manque de magnésium compromet tout cet équilibre et cela se traduira par une série de troubles touchant tout le mécanisme physiologique:
-Au niveau cérébral, par des troubles psychologiques ou intellectuels.
-Au niveau cardiaque, par des palpitations.
-Au niveau musculaire, par des crampes et des fasciculations.
On retrouve ici, comme on pouvait s'y attendre, un ensemble de phénomènes décrits dans les troubles de la spasmophilie.
Le magnésium sanguin a deux composants: le magnésium plasmatique et le magnésium érythrocytaire.
Le magnésium contenu dans le plasma au taux de 20mg/l est le plus dynamique car il peut diffuser rapidement dans toutes les cellules de l'organisme. Cependant, son étude est peu fidèle pour faire preuve d'un manque en magnésium.
Pour cela on tient plutôt compte du magnésium érythrocytaire, celui qui est contenu dans les globules rouges. Il permet d'avoir un reflet du stock essentiel de l'organisme dont l'exploration, nous l'avons vu, est très ardue.
Le taux de ce magnésium amène plusieurs réflexions quant au diagnostic.
-Quand il est franchement abaissé on peut parler de déficit magnésique certain.
-Quand il est normal, rien ne permet d'éliminer formellement le diagnostic  car la majeure partie du magnésium de l'organisme échappe au dosage. Il faut alors se fier aux signes subjectifs et objectifs que nous avons déjà décrits plus haut ainsi bien sûr qu'à l'examen iridologique, que nous développerons ultérieurement.
On sait maintenant l'importance du magnésium dans le fonctionnement des divers appareils. Pourquoi ce minéral peut-il être à la base d'autant d'actions physiologiques? Tout simplement parce que le magnésium est le facteur indispensable à la plupart des réactions biochimiques enzymatiques de l'organisme. En effet la vie cellulaire ne se produit et ne se poursuit que grâce à l'intervention de certaines protéines particulières: les enzymes. Ceux-ci interviennent tantôt dans la création des noyaux des cellules tantôt dans leur "respiration", tantôt dans leur métabolisme. Pour tous ces enzymes le magnésium est un activateur obligatoire; sans lui rien ne se passerait et c'est par ce mécanisme qu'il est appelé à intervenir dans toutes les grandes fonctions du corps. Rappelons-en les domaines principaux.
-Le magnésium tient une place importante dans l'activité normale des muscles. Lorsque ceux-ci doivent fournir un effort plus important, comme lors d'une compétition sportive intense, un déficit en magnésium, soit sous forme médicamenteuse soit sous forme alimentaire. Par exemple 250 grammes de chocolat, de figues ou de noisettes apportent la ration en magnésium nécessaire au bon fonctionnement des muscles.
Au niveau de l'appareil digestif, le magnésium protège la cellule hépatique et active la sécrétion biliaire, il régule l'activité motrice de l'intestin.
-Il a un rôle prépondérant dans le métabolisme de nombreuses hormones: parathormone (impliqué dans la physiologie osseuse); hormones serrénaliennes, et d'autres pour lesquelles il représente un facteur essentiel de transmission du message hormonal aux cellules des tissus auxquels il est destiné grâce, encore une fois, à un enzyme. Cela est particulièrement vrai au niveau de l'utérus et des hormones génitales, ce qui explique tout l'intérêt du magnésium chez la femme enceinte ou venant d'accoucher.
-Le magnésium tient aussi un rôle essentiel dans notre système nerveux où il a une fonction importante dans la commande nerveuse de tous nos mouvements musculaires.
Les relations entre le psychisme et le magnésium sont acceptées aujourd'hui de façon unanime. En effet, tout stress physique, moral ou psychologique va entraîner des modifications des ions de l'organisme et, en particulier, la fuite urinaire du magnésium.

Le déficit en magnésium


La civilisation moderne et le progrès, ont un revers à leur médaille: ils ont déséquilibré la vie de l'homme. A l'origine de ce déséquilibre on trouve les agressions auxquelles nous sommes soumis (pollutions sonore, atmosphérique, industrielle, vie trépidante), mais aussi la diminution de nos défenses naturelles.
Bien sûr, la médecine nous protège de mieux en mieux contre les maladies jadis beaucoup plus graves, en revanche elle ne nous défend contre le stress qu'au prix d'une consommation de médicaments toujours plus nombreux. En fait, fatigue générale, anxiété permanente, instabilité, troubles du sommeil sont bien souvent la conséquence de stress continus et quotidiens qui épuisent peu à peu nos réserves en magnésium.
Il est donc plus logique de traiter ce manque de magnésium lorsqu'une personne présente ces troubles plutôt que d'évoquer seulement des problèmes psychologiques.
S'il est vrai que les agressions de notre époque favorisent ces derniers, il est non moins vrai que le magnésium est a l'origine de beaucoup de troubles psychiques mineurs.
Rappelons que le déficit en magnésium est une affection classique bien connue des vétérinaires s'occupant de vaches laitières.
Elle se présente sous la forme de troubles de la marche, qui se fait de façon mécanique et irrégulière, de troubles de l'appétit avec amaigrissement rapide, d'irritabilité, et de crises internes de tétanies musculaires. Ces troubles apparaissent toujours à la même époque, au printemps, alors que l'animal vient de mettre bas, très bas, très riche en protéines, que le temps est humide et souvent froid et pluvieux.
C'est au début du siècle, sur les troupeaux de bovins européens, que l'on commença à étudier cette maladie appelée alors "maladie des pâturages". Trente ans plus tard, on soupçonnait à peine la responsabilité du magnésium dans la genèse de la maladie. Il fallut des recherches très poussées pour que la preuve soit faite d'un déficit en magnésium et pour aboutir à la définition de ce que l'on nomme aujourd'hui la "tétanie d'herbage".
Ce manque de magnésium est lié à la fois à une jeune herbe et pauvre en cet élément, à un sol trop fertilisé et trop lavé par la pluie, ainsi qu'à des besoins accrus de l'animal en raison du froid, de la lactation, du changement brutal de vie (sortie de l'étable pour les pâturages printaniers). La tétanie d'herbage est maintenant acceptée et reconnue comme une simple carence magnésique. Elle est facilement corrigée par l'administration préventive d'un peu de magnésium dans la nourriture des veaux, des génisses et des vaches au début du printemps.
L'étude de cette maladie chez l'animal a donc été précieuse aux médecins pour comprendre l'importance et le mécanisme du manque de magnésium chez l'être humain ainsi que divers troubles retrouvés dans la spasmophilie.

Les circonstances de la vie moderne ont accru nos besoins en magnésium alors que les apports ne cessent de diminuer. Les principaux facteurs de notre manque de magnésium étant principalement la façon de plus en plus intensive dont les sols sont cultivés, les engrais antimagnésiques de plus en plus nombreux, des aliments de moins en moins riches en magnésium, et surtout un régime de plus en plus carencé en aliments qui en contiennent. Rappelons qu'il y a trois ou quatre générations, la situation était inversée; l'agriculture suivant le rythme des saisons était faite sans engrais, si ce n'est le fumier, l'atmosphère était moins polluée; l'alimentation se composait régulièrement d'aliments très riches en magnésium: pain noir, fèves, noix, haricots  blancs, sucre roux. Il n'y avait aucune raison de manquer de magnésium.
De nos jours, hiver comme été, nos aliments restent les mêmes, trop sélectionnés, trop civilisés, trop édulcorés. Beaucoup de viandes (pauvres en magnésium), beaucoup de mets améliorés et transformés pour notre goût, mais pas pour notre santé, tels sucre et pain blanc. Les saliniers, d'ailleurs, n'utilisent jamais pour leur usage personnel, le sel blanc qu'ils récoltent, mais seulement le sel gris, très riche en magnésium et en oligo-éléments, qui restent au fond des canaux. On peut estimer globalement que la quasi-totalité de la population des pays industrialisés est à la limite du déficit en magnésium. Cependant, cette sorte de carence généralisée n'est source de décompensation que chez 20% des gens où l'on retrouve des adolescents, des femmes enceintes, des sujets soumis à des stress fréquents et violents.
La chute du taux de magnésium dans le sang n'est pas due à des carences alimentaires couplées à une utilisation trop forte du calcium. Elle peut également être due à des affections retentissant sur le métabolisme du magnésium, soit en diminuant son apport digestif, soit en accélérant son élimination. Ainsi un arrêt de l'alimentation indispensable en raison d'une intervention chirurgicale ou d'une infection peut entraîner chez des personnes à l'équilibre magnésique fragile une décompensation rapide, avec apparition des signes d'hyperexcitabilité neuro-musculaire. Certaines affections du tube digestif, du foie ou du pancréas peuvent entraîner des difficultés, voire des impossibilités à l'absorption  du magnésium par l'intestin, entraînant des manques magnésiques sévères.
A l'inverse, une baisse du magnésium dans le sang peut être provoquée par des pertes anormalement élevées: vomissements répétés, grandes diarrhées infectieuses, fuites urinaires. Ces dernières peuvent être dues à une atteinte directe de l'appareil rénal, mais aussi à des troubles hormonaux faisant augmenter la sortie urinaire du magnésium.
Il existe des manques en magnésium qui ont des causes purement médicales, dues à certains traitements ou médicaments. Ainsi les diurétiques ont presque tous une action antimagnésium. La pilule anticonceptionnelle bloque le magnésium dans les tissus osseux et dans les muscles, l'empêchant ainsi de circuler normalement dans l'organisme.
Certains troubles attribués à la pilule sont donc dus en fait à une diminution du magnésium circulant.
Même certains antidépresseurs ont pour effet secondaire d'entraîner une perte accrue de magnésium.
Ainsi, certains patients risquent de voir s'aggraver leurs malaises et leur manque de magnésium. Il vaut mieux commencer le traitement par l'absorption de magnésium, quitte à prescrire ultérieurement des médicaments pour le psychisme. Ce déficit en magnésium se révèle par des signes nombreux dont aucun pris isolément ne peut suffire à révéler le trouble. C'est leur association, et plus encore la façon dont cette association s'effectue dans le temps, qui est révélatrice. Pour des raisons de meilleure compréhension, tous ces signes qui paraissent si dissociés ont été regroupés sur un même nom: la spasmophilie. Rappelons que c'est du fait de l'action ubiquitaire du magnésium que son manque va retentir à tous les niveaux du corps et dans les appareils.

-Au niveau psychique.
Une nervosité, un sentiment dépressif, une irritabilité, une hyper-émotivité, une anxiété latente, des troubles de l'intellect ou de la mémoire, de la fatigue.

-A niveau du système nerveux central.
Des maux de tête, des malaises, des pertes de connaissance, des troubles du sommeil, des vertiges, des troubles de l'équilibre.

-Au niveau musculaire.
Des fasciculations, des crampes, une "oppression" des muscles respiratoires, une striction des muscles de la gorge (serrée) et du larynx avec une difficulté à s'exprimer, des crises de tétanie.

-Au niveau cardiaque.
Des palpitations, des troubles du rythme cardiaque, des douleurs en coup d'épingle au niveau de la poitrine, des difficultés à l'effort, parfois des syncopes.

-Au niveau du système digestif.
Des crampes d'estomac souvent accompagnées de douleurs, une aérophagie, des spasmes de l'intestin avec crise de colite, un ballonnement intestinal, un mauvais fonctionnement du foie et de la vésicule biliaire qui s'évacue mal ou se spasme.

-Au niveau du squelette.
Des douleurs quotidiennes et tenaces de la nuque et du coup, pouvant parfois irradier vers le bras, des douleurs du dos et des vertèbres lombaires, témoignant aussi bien des lésions d'arthrose existante que de contracture musculaires anormales.

-Au niveau de la peau.
Une peau desséchée, des cheveux fragiles et cassantes, des ongles friables.

Conclusion:


La responsabilité du magnésium dans les affections multiples, dont la spasmophilie, fait l'objet de recherches de plus en plus nombreuses. Il y a lieu de se pencher sur la validité des hypothèses médicales ainsi soulevées: le magnésium est-il ou non une réalité physiologique d'une importance indiscutable, ou bien son utilisation actuelle ne relève-t-elle que d'une thérapeutique au goût du jour ou, comme nous le disions au début de cet ouvrage, d'une mode ?
La réponse doit être en fait nuancée. En effet, les frontières entre l'anodin, le psychosomatique et le psychisme sont souvent floues et parfois le pas menant au déni de la maladie est vite franchi. Il est facile et reposant d'adopter cette démarche lorsqu'on se trouve devant un ensemble de signes apparemment disparates, irréguliers et liés sans contexte aux événements de la vie quotidienne et à leurs retentissement psychologiques ou affectifs.
Or, il est évident que les symptômes témoignant du manque de magnésium correspondent bien pour la plupart à ces caractères. Quoi de loin étonnant que la note péjorative, affirmée ou sous-entendue, qui s'attache au qualificatif de "spasmophilie"?
Pourtant, la spasmophilie est une réalité indéniable, dont toute l'équivoque ne réside pas en fait chez les malades qui en souffrent, mais plutôt chez les médecins pour lesquels cette affection représentent encore une interrogation quant à ses causes, ses signes et ses remèdes. Plusieurs substances on été invoquées, tant pour expliquer le mécanisme pathologique par lequel se produisait la spasmophilie, que pour les traitements qu'il convenait d'appliquer à ceux qui en étaient victimes. Le calcium, la vitamine D, la calcitomine (hormone de la glande thyroïde),  les béta-bloquants, les tranquillisants, les antidépresseurs, font ainsi partie d'une panoplie thérapeutique classique toujours appliquée, inconsciemment satisfaisante car trop dirigée vers quelques symptômes, et parfois non dénuée d'effets secondaires pas toujours inoffensifs.
Cette disparité encore existante ne reflète pas seulement les difficultés à cerner la spasmophilie et à concevoir un mécanisme physiologique cohérent et complet, mais également la solution de facilité qu'offrent certaines substances qui apaisent les troubles sans traiter pour autant ni la maladie ni le malade. Bien sûr, il ne faut pas considérer le magnésium comme une panacée et de plus, il n'est même pas un médicament pour tous les signes qui témoignent de la spasmophilie. Il a cependant deux avantages essentiels.
Le premier est de correspondre théoriquement et pratiquement à un schéma d'ensemble à la fois clair et logique. Cela n'est pas négligeable même si des incertitudes persistent, malgré des expériences chez l'animal ou chez le volontaire humain de déficit magnésique expérimental qui ont fait apparaître la responsabilité réelle de cette carence en magnésium dans la plupart des signes reconnus comme faisant partie de la spasmophilie. Le second avantage est son innocuité quasi totale aux doses thérapeutiques normales.
On peut donc qualifier le magnésium de "médicaments" non agressif qui semble répondre à un besoin de l'organisme objectivé par une démarche logique de la recherche du diagnostic et du traitement.
Il est intéressant de constater que l'on peut établir une certaine analogie entre cette définition et celle qui correspond à un autre type de "médecine naturelle": l'homéopathie. Les modes d'action du magnésium et les traitements homéopathiques sont certes très dissemblables, mais la façon de concevoir, la façon de soulager sont les mêmes: chercher à traiter le malade autant que la maladie, et plus à équilibrer l'organisme qui souffre qu'à répondre au coup par coup aux troubles pathologiques divers et variés qui peuvent révéler séparément ou associés, l'affection.
On peut donc affirmer que le magnésium apparaît ,on seulement comme un véritable traitement correspondant bien à une réalité physiologique et pathologique mise en évidence par les nouveaux moyens d'exploration disponibles depuis une quinzaine d'années mais encore comme un outil thérapeutique faisant une partie intégrante de la relation médecin-malade si précieuse dans le domaine de la spasmophilie. Il est incontestable que de pouvoir disposer d'un médecin auquel on peut faire confiance, à la fois se fier et se confier, n'est pas un atout négligeable pour celle ou celui qui est un jour spasmophile.
En effet, et rappelons-le, la spasmophilie n'est pas une maladie en elle même, le manque en magnésium n'est pas un état permanent, mais il s'agit d'un mode de décompensation de l'organisme qui n'arrive plus à s'adapter de façon adéquate aux agressions physiques et psychologiques de tous les jours, aux difficultés de la vie moderne, sans cesse accentuées et aux stress incessants ainsi provoqués. La spasmophilie ne doit pas être considérée comme une tare physiologique ou psychologique, ni être minimisée, car c'est le premier pas vers la négation, même inconsciente du spasmophile; elle doit être au contraire  prise comme l'expression réelle d'un trouble témoignant des difficultés à affronter les problèmes de la vie quotidienne.

mardi 28 janvier 2014

Qu'est-ce que la spasmophilie ?

PREMIÈRE PARTIE

La spasmophilie: une maladie ?


La spasmophilie est-elle vraiment une maladie ?
Si l'on considère qu'une maladie est une somme de symptômes typiques caractérisant un état morbide, on peut admettre que le terme de maladie est excessif. En effet, aucun des symptômes n'est tout à fait spécifique de la spasmophilie. D'autre part, il faut insister sur le fait que beaucoup de gens s'ignorent. C'est la qu'intervient la notion de terrain car certaines personnes sont atteintes un jour d'une spasmophilie patente,  déclarée à la suite d'un stress quelconque de la vie, alors que d'autres ne présenteront aucune pathologie à la suite du même stress.
On peut considérer que la spasmophilie est un état, une modalité de réponse de l'organisme à des événements internes ou externes. Les troubles présentés trouvent leur origines dans l'élément majeur qu'est l'hyper-excitabilité-neuromusculaire.


7 millions de français sont spasmophiles...


Pour fixer les idées quant à la fréquence de cette affectation et même en s'en tenant à une définition rigoureuse, il y a 14% de sujets qui sont spasmophiles, c'est à dire 7 millions de Français.
Cette affection existe dans toutes les races et en particulier dans la race noire ou elle est assez fréquente. Les manifestations cliniquement de la spasmophilie s'extériorisent trois à quatre fois plus souvent chez la femme que chez l'homme. L'hypothèse la plus vraisemblable s'explique par le fait que les hormones féminines favorisent l'extériorisation de cette affection en abaissant le seul d'excitabilité neuro-musculaire en le sensibilisant.
La spasmophilie est réputée atteindre surtout l'adulte jeune et pourtant elle peut se rencontrer précocement chez l'enfant où elle se traduit par un comportement particulier: instabilité psychomotrice, irritabilité, cauchemars, énurésie. Certains bébés particulièrement difficiles s’avéreront plus tard des spasmophiles confirmés. Cette notion de bébés spasmophiles est un peu connue et explique bien des comportements désagréables.
Les femmes de tous âges peuvent être spasmophiles avec une moindre fréquence après la cinquantaine.
Tous ces détails expliquent deux faits:
-La prédominance féminine dans la spasmophilie, bien qu'un tiers des spasmophiles soient des hommes.
-Les manifestations caractéristiques de la spasmophilie, c'est à dire les signes d'hyperexcitabilité neuro musculaire s'estompent après la ménopause , l'état constitutionnel persistent mais se traduit différemment.
Signalons enfin que la spasmophilie à volontiers un caractère familiale justifiant la qualification "d'état constitutionnel".
Nous somme d'ailleurs fréquemment amenés à traiter plusieurs personnes d'une même famille, par exemple mère et fille, frères et sœurs. Le professeur H.P Klotz, à la suite d'une étude statistique, affirme que l'enfant d'un spasmophile a deux risquent sur trois de l'être à son tour.
Pendant des années, latente, compensée et muette, la spasmophilie peut se révéler à la suite d’événement "traumatisants".
Ce terme devant être entendu dans l'acception la plus large possible telle par exemple des événements psycho-affectifs: chocs moraux, émotions vives, situations conflictuelles, surmenage.
Dans d'autres cas il peut s'agir d’événements physiologiques, pathologiques, pathologiques ou thérapeutiques qui peuvent bouleverser la régulation du calcium telle qu'une croissance rapide, une grossesse, un accouchement, l'allaitement, des troubles du transit intestinal (diarrhées par exemple), une hyper calciurie (augmentation de l'élimination urinaire du calcium) provoquée par les diurétiques, un traitement par la cortisone, etc.
De même, et une façon plus fréquente qu'on ne croit généralement, une spasmophilie peut se décompenser à la suite d'une intervention chirurgicale même bénigne, voire d'une extraction dentaire.
Les contraceptifs oraux (pilules) peuvent aggraver ou mettre en évidence les manifestations spasmophiliques dont les symptômes sont en outre volontiers plus riches pendant la période menstruelle.
Enfin, et ceci est fondamental, il existe des variations saisonnières et les périodes de l'automne et du printemps sont particulièrement propices aux recrudescences des manifestations.
En fait, la spasmophilie est une affection dont la cause a plusieurs origines et certains mécanismes semblent être prédominants par rapport à d'autres; il importe de bien les connaître et de savoir définir les facteurs de risque afin de mieux les corriger. Il convient d'insister sur l'instabilité évolutive parce qu'elle conditionne l'attitude thérapeutique.
Signalons en outre, que beaucoup de patients ne présentent pas de manifestations pathologiques, ce sont,selon l'expression du professeur H.P Klotz "des spasmophiles bien portants".
D'autre part il existe une autre catégorie de patients qui présente certains des symptômes de la spasmophilie et ignorent qu'ils en sont atteints.
La spasmophilie est en effet le type même de l'affection fonctionnelle qui pousse le malade à aller consulter son médecin à qui incombera le diagnostic. Néanmoins, si la notion de tétanie est actuellement bien admise, certains mettent encore en doute la réalité de la spasmophilie.

Les symptômes de la spasmophilie


Il y a une telle diversité de symptômes, de valeur diagnostique inégale, qu'il est illusoire et peut- être malsain de donner une liste exhaustive des signes retrouvés au cours de la spasmophilie.
C'est d'ailleurs à cause de ce grand nombre de manifestations que certains doutent de l'existence de cette affection.
A l'opposé, toujours de ce même fait, d'autres ont assimilé toute la pathologie fonctionnelle à la spasmophilie. Il nous semble qu'aucune de ces positions extrêmes ne se justifie.
En fait, ces manifestations ne se retrouvent (heureusement) pas toutes chez le même patient. Nous décrivons plutôt les plus fréquemment rencontrées en pratique; étant bien entendu qu'il en existe sûrement d'autres. A ce propos, il faut bien considérer que l'ébauche d'un symptôme peut prendre chez plusieurs patients des aspects tout à fait différents. Il faudra donc en plus, tenir compte de la globalité et de l'individualité de chacun. La difficulté du diagnostic étant aussi probablement due à la diversité des structures psychique de chaque individu, la traduction du trouble se faisant différemment selon chacun. C'est pourquoi nous nous limiterons aux symptômes les plus typiques.


1-L'asthénie ou la fatigue


La fatigue se définit comme une diminution du pouvoir fonctionnel de l'individu tout entier. Elle représente environ 10% des motifs de consultation. C'est un symptôme témoin d'un processus normal qui permet la récupération physiologique après un effort. Elle doit disparaître alors après une période de repos. A côté de cette fatigue "normale" existe une fatigue pathologique qui ne suit pas un effort ou qui n'est pas corrigée par le repos. Elle est présente chez 90% des spasmophiles. Cette asthénie est très caractéristique et est en plus volontiers matinal; les spasmophiles se levant fatigués même après une bonne nuit. Parfois cette fatigue peut aller en s'estompant, mais elle sera accompagnée de "coups de pompe" d'une ou deux heures, d'apparition brutale, s'accompagnant d'une sensation d'anéantissement total.
Parfois seuls ces épisodes de fatigue brutale seront retrouvés, entre-temps le malade se portant tout à fait bien. Quoiqu'en général, l'asthénie soit spontanée, sans cause apparente, il peut aussi s'agir d'une fatigabilité survenant à l'effort physique ou intellectuel. Le patient ménage ses efforts "s'économisant" en  quelque sorte. L'aspect psychosomatique est incontestable dans de nombreuses asthénies, mais le climat entourant l'apparition de cette fatigue chez les spasmophiles est bien particulier.
Il faudra être particulièrement circonspect quant à ce symptôme important et ne pas être tenté de porter trop hâtivement le diagnostic de spasmophilie sur ce seul signe. On pourra donc interpréter en fonction du psychisme de chaque individu, son mode de vie, ses antécédents et son terrain.
Compte tenu de la multitude des métabolismes cellulaire, tissulaire et physiologique auxquels participe le magnésium, donc le déficit est responsable en grande partie de la spasmophilie, il n'apparaît guère étonnant qu'un manque chronique de magnésium s'accroît lorsque l'organisme est soumis à des situations de fatigue permanentes ( surmenage, stress, tension psychologique, etc.), il s'organise alors un véritable cercle vicieux: plus il manque de magnésium, plus il se fatigue rapidement.
Pour combattre cet état à la fois diurne pendant le travail et nocturne correspondant à un mauvais repos, l'organisme lutte au prix d'une consommation accrue d'énergie, notamment par une mise sous tension de tout le système neuro musculaire. Ce qui n'était au départ que l'expression isolée du manque d'un élément particulier, devient peu à peu une véritable maladie qui s'auto entretient. Il faut donc réagir le plus tôt possible devant une fatigue qui évoque la spasmophilie.


2- L'anxiété


Elle est pratiquement constante. Elle peut aller d'une simple appréhension à des états d'angoisse invalidants.
Cependant, le plus souvent il s'agit d'une anxiété diffuse sans cause apparente. Elle peut s'accompagner parfois d'une sensation de "boule dans la gorge", de manque d'air, d'impression d'éttouffer, voire de mort imminente.
Cette anxiété peut se compliquer parfois d'états dépressif. Il ne s'agit pas de véritables dépressions, les troubles de l'humeur n'étant pas aussi profond et typiques. Les troubles du sommeil accompagnant l'anxiété sont également très fréquents. Il se manifestent durant une partie de la nuit, avec impossibilité de se rendormir, ou endormissement au petit matin ( vers 6 ou 7h). On peut comprendre que ces troubles du sommeil contribuent à épuiser ces malades déjà fatigués et fatigables.
Ainsi, l'anxiété, symptôme quasi constant chez les spasmophiles, doit bien être individualisé et il ne faudra pas le considérer comme un trouble névrotique pur, mais lié à toute une pathogénésie sont l'origine se trouve dans l'hyper-excitabilité neuro-musculaire.
Bien sûr, les tranquilisants peuvent amender l'anxiété mais ce ne sera qu'une thérapeutique palliative et à l'arrêt du traitement il pourra y avoir une recrudescence de ce symptôme et de ses signes accompagnateurs. Nous l'avons évoqué plus haut et nous le verrons plus loin dans un chapitre qui lui est consacré, le manque de magnésium et très souvent à l'origine de l'anxiété, qui peut se traduire par des signes psychiques, mais également par des signe physiques, incapacité de parler, impossibilité d'avaler, spasmes digestifs.
Par ailleurs, nous savons que le magnésium a une action régulatrice, voire une action calmante sur tout le système neuro musculaire. Il sera donc plus intéressant chez l'anxieux d'utiliser le magnésium qui apportera une amélioration dans plus de 75% des cas.


3-Les douleurs


Les douleurs rachidiennes (vertébrales) au niveau du cou, du dos ou de la région lombaire sont souvent retrouvées, de même que des douleurs crâniennes, soit sous forme de céphalées (maux de tête) en casques, rétro-orbitaires, frontales, sois sous forme de migraines vraies.
Par ailleurs le malade "sent ses muscles" de façon douloureuse. A la palpitation, on trouve souvent des contractures musculaires à laquelle sont soumis les spasmophiles, facilite les petits traumatismes articulaires ou vertébraux qui, quoique mineurs, sont souvent très douloureux. On peut aussi noter des claquages, tendinites et entorses à répétition.
En raison de son intervention dans la synthèse des protéines, le magnésium joue un rôle important dans la formation des fibres de collagène, indispensables aux cartilages articulaires. Il a également une action au niveau du périoste (couche externe de tissu osseux) ainsi que dans la minéralisation destinée à renforcer et à perpétuer la structure des os. Chez le spasmophile tous ces processus vont se trouver diminués, voire annihilés avec pour conséquence le développement d'une déminéralisation avec Ostéo-porose fragilisant le squelette, l'effondrement de la synthèse du collagène, l'apparition de lésions anthrosiques et un retard dans la consolidation des fractures.
Bien souvent le spasmophile consultant pour des douleurs dorso-lombaires se verra prescrire des radiographie dont le résultat ne montrera qu'une déminéralisation diffuse sans rapport avec l'intensité des troubles.


4 Symptômes sensitivo-moteurs


Au premier rang des symptômes musculaires, se situent les fasciculations ( petits tressautements musculaires) localisées aux deltoïdes, aux quadriceps et surtout aux paupières. Il importe au médecin de bien les rechercher car le clonus palpébral constitue un signe très constant de la maladie.
Dans le même ordre d'idées, il faudra également interroger les patients sur l'existence fréquente de crampes des mollets, de paresthésie (fourmillement) des mains et des pieds ainsi qu'au pourtour de la bouche. Pour être vraiment évocateurs, il faut que ces fourmillements soient inconstants, capricieux et bilatéraux. Il ne faudra pas considérer de la même façon des paresthésies toujours situées sur un trajet identique d'un membre et correspond la plupart du temps à une atteinte d'une racine nerveuse (par exemple: névralgie cervico-brachiale due à une arthrose cervicale).
A citer aussi mais inconstamment le syndrome des jambes sans repose (impatience des membres inférieurs).


5-Spasmes divers


Plusieurs organes peuvent constituer une cible privilégiée en fonction de chaque patient.
-Dans le domaine rhumatologique il faut signaler l'extrême fréquence des douleurs vertébrales ou plutôt para-vertébrales ou plutôt para vertébrales c'est à dire siégeant dans les muscles situés de part et d'autre de la colonne. Ces douleurs, certes bénignes, sont parfois très handicapantes. Elles ne reposent bien souvent sur aucun substratum anatomique, entendez par là que, par exemple, les radiographies pratiquées ne montrent aucune lésion pouvant expliquer l'importance des douleurs. Tout au plus chez certains malades retrouvera t-on quelques arthrose débutante; chez d'autres les vestiges d'une dysplasie rachidienne de croissance (inflammation lors de l'adolescence des disques inter-vertébraux).
Ces anomalies, la plupart du temps bien tolérées chez les sujets normaux sont fréquemment responsables de douleurs violentes presque disproportionnées chez les spasmophiles. En fait, le rôle du spasme musculaire réflexe dans l'entretien de ces douleurs semble hautement probable.
Il s'agit soit de lombalgies basses chez les hommes, soit plus fréquemment chez la femme de cervicalgies ou de dorsalgies.
Bien que dans ce domaine il ne faille pas admettre de spécificité stricte.
Il n'y a pas non plus de rythme dans l'apparition de ces douleurs. Par exemple après plusieurs heures de repos, elles sont présentes comme s'il s'agissait de courbatures. Après une certaine activité elles ne disparaissent pas non plus, à la différence, le plus souvent, des arthrosiques.
-Dans le domaine gynécologique le symptôme le plus constant est la dysménorrhée ( douleurs pendant les règles). Celles-ci sont souvent précédées par des œdèmes des chevilles et des paupières, un gonflement de ventre, une irritabilité croissante, des douleurs de l'abdomen, et des maux de tête; cet ensemble s'appelle le syndrome prémenstruel.
Il faut aussi, pour la même raison, signaler que les manifestations fonctionnelles de la spasmophilie sont parfois plus marquées pendant la période prémenstruelle. En effet, dès la puberté et pendant toute sa période d'activité génitale la femme se trouve sous l'influence de deux hormones: les œstrogènes et la progestérones.
Les œstrogènes, dont l'influence est prédominante pendant la première partie du cycle qui précède l'ovulation, ont pour effet de diminuer le taux de magnésium sanguin en augmentant sa fixation sur le tissu osseux.
Les besoins en magnésium sont donc plus élevées chez la femme en activité sexuelle que chez l'homme, alors que l'un comme l'autre ont déjà une ration quotidienne de magnésium juste suffisante.
Ce qui précède nous amène à la question de savoir pourquoi les femmes sont plus sujettes à la spasmophilie et au déficit magnésique que les hommes. Seules les caractéristiques de la vie génitale de la femme en perpétuel bouleversement physiologique (cycle menstruel, grossesse, allaitement, ménopause... expliquent qu'on observe plus fréquemment chez elle ce déficit.
L'importance globale que nous donnerons au magnésium dans un chapitre ultérieur, nous amène à envisager la prépondérance de son rôle au cours de la grossesse.
Cet état est en effet le plus grand bouleversement physiologique qui touche la femme. Ainsi, au cours du premier trimestre de la grossesse, la femme enceinte souffre souvent de vomissements. Ceux-ci entraînent entre autre,  une perte de magnésium qui peut à son tour provoquer des nausées et des vomissements, créant un cercle vicieux de carence magnésique. D'autre part, la formation même du fœtus nécessite un apport important de magnésium qui se fait au dépend du capital de la mère.
De plus, et nous le verrons plus loin, il existe un antagonisme entre le calcium et le magnésium au niveau de l'absorption digestive. Or, souvent l'alimentation des femmes enceintes est enrichie en lait, riche en calcium. Le régime lacté peut donc contribuer au déficit magnésique auquel sont exposées beaucoup de femmes enceintes.
Outres les nausées, vomissements et autres troubles mineurs du premier trimestre de la grossesse, il existe d'autres troubles beaucoup plus pénibles: douleurs des lombes, de dos, sciatiques, distensions osseuses, musculaires et ligamentaires du petit bassin, contractions douloureuses de l'utérus. Celles-ci étant un équivalent génital de l'excitabilité neuro-musculaire due à la baisse du taux de magnésium.
Les menaces d'avortement sont autrement plus inquiétantes ainsi que les fausses couches elles-mêmes car une baisse nette du taux de magnésium.
Enfin, il est fréquent que les enfants nés de mère spasmophile soient plus malingres à la naissance. La mauvaise dilatation du col de l'utérus lors de l'accouchement peut apparaître en même temps que des contractions utérines inefficaces. La preuve de l'origine hypomagnésique est donnée par la disparition de ces troubles lors d'une injection intraveineuse lente de magnésium. Il est également très fréquent de voir apparaître des crises de tétanie soit pendant, soit après l'accouchement. L'administration précoce du magnésium dont peuvent bénéficier de nombreuses jeunes accouchées peut éviter une phlébite surtout en cas de varices aux jambes.
- Dans le domaine gastro-entérologique. Encore une fois ici ce sont les douleurs qui dominent le tableau. Crampes gastriques pseudo-ulcéreuses; les radiographies pratiquées ne montrent aucune lésion. Ces crampes peuvent être accompagnées de nausées et parfois de vomissements.
Souvent aussi on observe des brûlures, sans rapport avec les repas, bob rythmées par ceux-ci (au contraire des ulcères), des digestions assez lentes, des éructations qui, par leur fréquence et leur manque de réaction au traitement médical, peuvent aboutir à un véritable "tic aérophagique". Les patients ont l'impression que, par ce tic, ils se soulagent momentanément de leurs symptômes.
Plus fréquentes encore sont les douleurs colitiques constituant un symptôme important de la "colopathie fonctionnelle" ou maladie dans la maladie, se traduit par une hyper fermentation produisant ballonnements et spasmes du côlon. Elle présente également des symptômes paradoxaux en apparence, comme par exemple, alternance de diarrhée et de constipation. Les douleurs peuvent siéger sur tout le cadre colique ou prédominer au niveau de l'angle gauche.
Il peut s'agir aussi de côlon atones, avec météorisme important et des selles rares et dures; cet aspect évoque le tableau du mégacôlon. On observe des diarrhées, survenant volontiers après les repas, augmentées par le stress et les émotions.
A l'opposé, on décrit le fameux "côlon sec de Goiffon" où la constipation chronique est associée en général à des matières très dures; confirmé par l'examen coprologique fonctionnel, montre des selles complètement déshydratées.
Le groupement de ces symptômes revêt des formes cliniques très diverses puisqu'on peut y voir des formes douloureuses ou indolores et des formes météorisme (ballonnement), pouvant se croiser avec diarrhées, constipation, alternance diarrhées-constipation et transit normal; donc une multitude de forme cliniques qui poussent un malade à consulter dans le cadre d'une colopathie.
Il ne s'agit pas d'une affection ponctuelle car elle évolue sur des années. Les traitements classiques allopathique à visée purement gastro-entérologique sont souvent voués à l'échec car en fait trop symptomatiques.
Souvent aussi, il existe une dyspepsie en rapport avec un mauvais fonctionnement de la vésicule biliaire. Tout ceci pouvant être accompagné d'aérophagie.
Les nausées et les vomissements biliaires sont fréquemment observés, de même que les douleurs de l'hypocondre droit (au niveau de la vésicule biliaire); ces douleurs justifient une exploration radiologique ou échographique, le plus souvent négatives; il peut y avoir aussi intolérance à certains aliments, les plus concernés étant le chocolat, la crème fraîche et les fritures.
Il faut mentionner les "crises de foi", mais pour dire qu'en fait, elles n'existent pas. La "crise de foie" bien connue des Français et qui disparaît dès qu'on traverse la Manche, est un ensemble de symptômes qui, après un examen et un interrogatoire minutieux, peut être rattaché à ce qu'on appelle les migraines accompagnées. La crise commence le matin et on retrouve toujours les antécédents familiaux de migraineux. Après le petit déjeuner s'installe la  céphalée, frontale ou occipitale, ou la véritable migraine qui, au maximum de la crise s'accompagne de nausées ou vomissement et qui, en général, est calmée par l'arrivée de ces vomissements.
-Dans le domaine respiratoire et ORL, les spasmes peuvent se traduire par des oppressions thoraciques, gênes respiratoires où le patient semble chercher sa respiration. Parfois aussi on peut être confronté à de fausses crises d'asthme pour lesquelles l'interrogatoire sera primordial pour faire le diagnostic. En effet beaucoup de difficulté peuvent à tord chez le public, et parfois pour le médecin, lorsqu’il n'était pas présent lors des "crises", évoquer un asthme. Or, en questionnant les patients il apparaît que la symptomatologie respiratoire décrite ne corresponde pas à celle d'un asthme typique.
Au niveau du pharynx et du larynx, les paresthésies sont très classiques, elles se traduisent par des sensations de strictions laryngées, c'est la fameuse "boule dans la gorge" souvent évoquée par les malades.
Ces impressions parfois douloureuses sont souvent mises sur le compte d'angines hypothétiques.
Toujours dans le domaine ORL certains maux de têtes accompagnent fréquemment une rhinite vasomotrice allergique ou non.
Le professeur Wayoff de Nancy a relevé dans une étude portant sur 405 cas:
-23% de spasmophiles parmi les rhinites allergiques
-62% de spasmophiles parmi les rhinite vasomotrices non allergiques.
Le magnésium globulaire a été retrouvé inférieur à 50 mg dans 45% de cette série. Dans beaucoup de cas, la spasmophilie est responsable de cette hyper réactivité de la région nasale et la preuve est apportée par le succès du traitement.


6- Vertiges


Les malaises (terme vague) peuvent prendre plusieurs aspects. Les lipothymies (évanouissements) sont assez rares et aboutissent plutôt à une brève perte de connaissance.
Cette dernière s'observe le plus souvent chez la femme, apparaissant comme un malaise, mal définissable ou l'on retrouve les notions suivantes:
- Tête vide ("le sans quitte ma tête").
-Brouillard devant les yeux.
-Vertiges imprécis.
La durée du malaise est variable mais il dure en général peu de temps. Il est souvent suivi d'une fatigue plus ou moins persistante.
En revanche, plus fréquente sont les impressions de chutes imminentes ou les malades se "sentent partir", avec une sensation de déséquilibre à la marche. Ces signe sont parfois accompagnés de sensations curieuses, d'impression de tête "lourde", "pleine" ou au contraire "vide", sensation de dédoublement, de marcher sur du caoutchouc et même sensations de tremblements internes.
De toute façon, ces malaises sont de courte durée et même en cas de perte de connaissance, le malade retrouve rapidement ses esprits dès qu'on l'allonge ou qu'il se repose. Parfois aussi ces malaises peuvent présager une crise de tétanie que nous décrirons plus loin.
Les vertiges, plutôt pour être précis, les faux vertiges constituent un maître symptôme dans la spasmophilie.
Ces sensation, dites ébrieuses, sont fugitives pouvant être accentuées dans certaines circonstance (grands espaces, grands magasins). Cette symptomatologie pouvant parfois confiner à des phobies d'origines névrotiques.
Cependant, dans la plupart des cas, des vertiges apparaissent sans cause apparente et leur persistance conduit les malades chez le spécialiste ORL qui d'ailleurs ne trouvera aucune pathologie organique de l'oreille interne (incluant le centre de l'équilibre).


7-Les signes d'allure névrotique


Il peut s'agir simplement de signes mineurs comme une instabilité de l'humeur, des trous de mémoire, de l'irritabilité, etc. Mais parfois on peut avoir affaire à de véritables symptômes d'allure névrotique. Ces perturbations psychogènes ont un rôle dans le déclenchement des poussées évolutives de la spasmophilie. Elles sont faites d'anxiété, d'angoisses, d'instabilité psycho-affective, de troubles névrotiques et la spasmophilie qui leur est sous-jacente ou parfois parallèle.
Pour certains, les manifestations névrotiques font partie intégrante de la spasmophilie, et la preuve en est donné par leur rétrocession parallèle à celle des troubles directement lié à l'état d'hyperexcitabilité neuro-musculaire, lorsqu'on traite celui-ci de façon adaptée. Selon cette conception, toute spasmophilie comporte une part organique et une part psycho affective, les manifestations névrotiques ne nécessitant pas d'autres traitements que celui de la spasmophilie elle-même.
Pour d'autres, cette éventualité est plus rare et ils considèrent que, le plus souvent la maladie névrotique évolue de façon concomittante avec la spasmophilie, mais en restant indépendante.
Nous serons, quant à nous, moins catégoriques et nous pensons que, globalement les deux éventualités peuvent se présenter.
Pour simplifier nous prendrons quelques exemples schématiques:

1er CAS: Un patiente, sans passé pathologique notable présente une spasmophilie décompensée à la suite d'un stress quelconque de son existence. Les trouble rencontrés seront par exemple et principalement d'ordre psychologique. Outre des vertiges elle présentera une notable irritabilité envers les gens de son entourage tant familial que professionnel. Une anxiété diffuse, un nervosisme exacerbé et une asthénie matinale viendront compléter le tableau.

Nous avons ici, de toute évidence affaire à une spasmophilie presque banale que seul le traitement spécifique pourrait guérir. Ainsi disparaîtra le cortège de symptômes décrits,d ans que nous ayons eu besoin de "psychiatriser" le cas de cette patiente.

2ème CAS: Cette autre patiente, n'ayant jusqu'alors présenté que des troubles d'allure névrotique vraie, entre autre une agoraphobie, voit se développer rapidement des douleurs musculaires dorsales, des maux de tête "en casque" et des fourmillements des extrémités. A l'occasion d'une forte contrariété va se déclencher une crise de tétanie et le médecin appelé auprès d'elle va, ç juste titre, diagnostiquer une spasmophilie. Le traitement médical bien conduit va amender les signes de cette affection sans pour autant faire disparaître les troubles phobiques initiaux.
Cependant l'amélioration sera telle que le patiente pourra continuer ou entreprendre la thérapeutique plus spécifique de sa névrose phobique, relaxation et psychothérapie.
Ces deux exemples montrent qu'il n'existe pas de position catégorique dans ce domaine. Une personne névrosée peut présenter un jour ou l'autre une spasmophilie, mais il ne faudra pas nier l'existence de la névrose.
A l'opposé, un malade précédemment indemne de toutes atteintes "nerveuses" mais dont la spasmophilie se traduit par des troubles psychiques ne devra pas à tord être considéré comme névrosé.


8. Les autres symptômes


Pour être moins fréquents ils n'en sont pas moins importants.
Citons:

-Les sensations de flou visuel sans aucune atteinte oculaire organique.

-Les étourdissements survenant souvent lors du passage de la position assise (ou couchée) à la position debout et en relation avec une hypotension orthostatique.

-A contrario, il peut exister une hypertension du sujet jeune dont on ne trouve aucune cause, et appelé pour cela hypertension essentielle ou idiopathique. Peut-être est-elle liée à des spasmes prolongés des vaisseaux sanguins.

-Dans le même ordre d'idée, le refroidissement des extrémités ou syndrome de Raynaud peut être rencontré et aggravé chez les spasmophiles.

- Les hypoglycémies fonctionnelles (diminution du taux de glucose dans le sang), dont on ne retrouve aucune cause (pancréatique par exemple) et non liées à un diabète latent.

- Les manifestations urinaires. Elles sont liées aux modifications biologiques ((hyper calciuries) sur lesquelles nous reviendrons. Elles se présentent sous forme de cystalgies (douleurs vésicales), hématuries (présence de sang dans les urines) ou surtout calculs rénaux calciques.

C'est ici que l'on trouve tout intérêt de l'action préventive du magnésium sur la formation des calculs. En effet, la majorité des calculs urinaires sont constitués en grande partie de calcium.
Lorsque le taux de magnésium est diminué de façon chronique, le taux de calcium a tendance à augmenter ce qui peut favoriser l'appartion de calculs. Expérimentalement, si l'oncrée une carence magnésique, on assiste à l'apparition de lithiases calciques.

- Les caries dentaires dont la première cause est la plaque dentaire. Cette dernière, en cas de déficit magnésique se transforme en une plaque de plus en plus dure, le tartre.

- Les troubles de phanères. Il s'agit ici de la chute fréquente des cheveux, de la fragilité des ongles qui deviennent cassants et se dédoublent. Les phanères sont principalement formés d'une substance appelée Kératine, qui est une protéine très fibreuse, élastique et flexible, présente dans la couche superficielle de la peau. Chez les spasmophiles, la formation de cette Kératine est altérée, elle perd son élasticité et devient de plus en plus sèche.

- La pâleur est un signe peu évoqué, et pourtant il est présent chez environ 15% des spasmophiles.

- Peau sèche et dermatoses. Comme nous venons de le voir, la kératine intervient dans la protection de la couche superficielle de la peau, l'épiderme. Chez les spasmophiles, le dessèchement de celui-ci est plus rapide et plus accentué, le rendant ainsi plus fragile. Il peut alors apparaître des plaques d'irritations localisées ou ou d’eczéma tenace et difficile à faire disparaître.

Après avoir énuméré et décrit les signes rencontrés au cours de la spasmophilie, il nous faut insister sur le fait que toutes ces manifestations peuvent être trompeuses quand elles sont prises isolément. Ce serait une erreur grave de prendre pour des spasmophiles des malades qui n'en sont pas et qui doivent donc bénéficier de thérapeutiques adaptées à leur maladie.
Mais il faut inversement ne pas oublier qu'il peut être dangereux de ne pas traiter correctement (une ou un) véritable spasmophile car, par un phénomène auto-entretenu, l'affection s'aggrave et devient de plus en plus difficile à traiter.
Aussi, il est bon de ne pas considérer isolément les symptômes décrits par crainte de créer des spasmophiles ou il n'en existe pas. A l'inverse, il ne faut pas s'attendre à rencontrer tous ces signes chez un même spasmophile. Chacun réagira à sa manière au phénomène d'hyperexcitabilité neuro-musculaire. Les organes ou les systèmes plus ou moins sensibles chez les différents patients réagiront comme de véritables "cibles" selon chacun. C'est ici aussi que les structures psychiques interviennent pour faire paraître telles manifestations. Celui-ci présentera de façon prépondérante une colite spasmodique, celle là des migraines ou encore des douleurs dorsales.

9- La crise de tétanie


Si nous exposons en exergue la description de la crise de tétanie, c'est qu'elle représente une sorte de symbole, une manifestation caractéristique de la sapsmophilie.
Cependant, la crisede tétanie est assez rare et ne se rencontre que chez 30% des spasmophiles.
Il s'agit d'un ensemble de symptôme absolument caractéristiques de par leur valeur propre, et surtout de par leur ordre d'apparition et mode d'évolution.
Les premiers signes sont sensitifs: paresthésies à type de fourmillement puis de picotements souvent désagréables, s'installant au bout des derniers doigts (annulaires et auriculaire) pour s'étendre rapidement à tous les doigts, aux paumes et aux avant bras. Dans le même temps apparaissent des altérations de la sensibilité avec maladresse des mouvements.
Surviennent alors les signes dits moteurs dans un ordre également très évocateur: il s'agit de dasciculations (petits tremblements) des muscles interosseux du dos des mains pouvant entraîner des petits mouvements rythmiques lents des doigts. L'hypertonie s'installe, s'accentue en contracture qui fige la main et les doigts dans la classique position de la main d'accoucheur: le poignet est en demi flexion, le pouce et l'auriculaire joints, les autres doigts raidis et serrés en extension les uns contre les autres et à demi fléchis sur le pouce, la paume est creusée. La main affecte alors la forme d'un cône semblable à celle que prend la main d'un accoucheur.
Lors de l'interrogatoire d'un patient, il est nécessaire  d'exiger la description de cette attitude très particulière pour faire le diagnostic de tétanie, sinon on risque de se laisser abuser par des crises de contractures que l'on peut rencontrer au cours de certains états d’agitation chez les anxieux, les émotifs ou lors de certaines "crises de nerfs".
L'extension de ces troubles toniques peut concerner les muscles du visage: lèvres et muscles péribuccaux "aspect de museau de tanche", lesmembres inférieurs ou les orteils se figent en flexion plantaire (spasme carpopédal), plus rarement le larynx, parfois même les muscles paravertébraux.
Pendant la crise le patient reste conscient mais anxieux, sa respiration est courte et rapide.
La duréede la crise est en générale brève, de l'ordre de quelques minutes et de toute façon écourtée par le traitement instaurée d'urgence.
Devenue célèbre, la description de la crise de tétanie a été parfaitement établie par Trousseau. En voici la reproduction.

"Lindicidu éprouve une sensation de fourmillements dans les mains et dans les pieds, puis une certaine hésitation, une certaine gêne dans les mouvements des doigts et des orteils qui n'ont plus leur liberté habituelle d'action. Bientôt la convulsion tonique commence et se traduit par la roideur des parties affectées, roideur que la volonté est impuissante à vaincre complètement, quoiqu'elle lutte encore contre elle, et que les malades puissent encore faire agir dans une certaine limite les muscles contracturés, mouvoir et même étendre un peu les doigts cette contraction involontaire augmente, elle est douloureuse, et tout à fait analogue à la crampe à laquelle d'ailleurs les patients la comparent.
"Aux extrémités supérieures, le pouce est énergiquement entraîné dans l'adduction forcée, les doigts sont serrés les uns contre les autres et se fléchissent à demi sur lui, le mouvement de flexion ne s'opérant ordinairement ordinairement que dans l'articulation métacarpo-pharangienne; la main, dont la paume se creuse par le rapprochement de ses deux bords externe et interne, affecte alors la forme d'un cône, ou, si vous le voulez, celle que prend la main de l'accoucheur lorsqu'il veut l'introduire dans le vagin. Cette forme, que vous observerez le plus habituellement, est tellement spéciale que déjà elle suffit souvent à elle seule pour caractériser cette espèce de contracture. D'autres fois, l'index, plus fortement fléchi que les autres doigts, se place en partie sous eux; en d'autres cas, la flexion est plus générale et plus complète. Le pouce, plié dans la paume de la main, est recouvert par les doigts pliés eux même, et si fortement, que les ongles s'impriment sur la peau; tellement serrés les uns contre les autres, que dans une observation rapportée par M. Hérard, de véritables escarres ont été la conséquence de cette compression longtemps prolongée. La convulsion peut n'affecter que le pouce, tandis que les doigts sont à peine contractés; mais le fait est rare, et il est plus commun de voir la contracture s'étendre, le poignet se fléchit à son tour; la main s'inclinant fortement en dedans sans qu on puisse la redresser.

En conclusion, nous pouvons dire que le désarroi du patient présentant une série de troubles qui se succèdent et dont les examens de laboratoires n'apportent pas l'explication, n'a d'égal que celui du praticien.
En effet, le médecin est confronté à un patient qui, de parfaite bonne foi, va consulter de façon répétée pour des troubles qui varient sans cesse. A chaque fois, le médecin fera pratiquer tous les examens nécessaires qui lui reviendront pratiquement toujours négatifs. A la longue, la "patience" et la confiance du patient risquent de s'émousser, le doute risque de s'installer dans l'esprit du praticien et bien souvent il en résulte une prescription de tranquillisants dont l'effet bénéfique n'est que transitoire.
Le médecin perplexe pressé par son patient inquiet conseillera souvent une consultation auprès d'un neuro-psychiatre. Alors risque d'être instauré le cycle stimulant du matin, "sédatifs du soir" dont le malade ne tire pas un bénéfice suffisant et dont il a le plus grand mal à sortir. Il existe une alternative à cette situation regrettable: c'est le diagnostique précoce de la spasmophilie et la mise en oeuvre d'un traitement, le plus tôt possible. Nous verrons cela dans un prochain chapitre.

Note de l'editeur

La spasmophilie, affection de plus en plus fréquente, est devenue la maladie à la mode. Elle reste cependant méconnue pour certains car ses signes extrêmement variés en imposent souvent, même aux praticiens les plus avertis.
La spasmophilie: maladie du siècle, car justifiant très souvent une fatigue intense, un stress, ou l'approche d'une dépression.
En effet, la fatigue est l'une des caractéristiques essentielles de notre société, dont certains, par habitude, ne ressentent même plus les effets, jusqu'au jour où, consécutivement à un stress, les symptômes se verront exacerbés et difficilement supportables.
L’intérêt de ce livre est double:
1. Renseigner l lecteur sur cette maladie dont parfois, seule l’appellation fait peur par manque d'informations ou inversement parce qu'on en parle trop et mal.
2. Donner au lecteur spasmophile, la possibilité d'entreprendre une thérapeutique efficace.

En effet, si nous ne sommes pas tous spasmophiles, personne ne peut prétendre être épargné par la fatigue liée irrémédiablement à notre mode de vie.
Contre cet état de fait, les médecines douces apportent une autre philosophie de la vie.
Leur expansion exprime à la fois:
-La volonté d'appréhender l'être humain en tant que globalité spécifique dont aucune partie n'est inséparable du tout.
Version que l'allopathie réprouve, par le fait qu'elle tient compte uniquement du symptôme exprimé, sans s'intéresser au support (ou terrain) qui l'exprime, en entraînant des effets secondaires souvent désagréables.
Le besoin de démystifier la maladie et apprendre ainsi à ne plus craindre ou ignorer la spasmophilie en se donnant les atouts nécessaires pour la combattre.
Telle est la philosophie des médecines douces qui vous permettra à la fois d'entreprendre une guérison du corps mais également une guérison de l'âme dont encore trop s'astreignent à ignorer l'importance.

vendredi 27 décembre 2013

Choisissez le bon sport

Le sport, et l'activité physique en général, est une bonne chose dans la mesure ou il permet à l'esprit d'éliminer les tensions et au corps de se fatiguer, mais raisonnablement. Il provoque une "saine" fatigue" qui permet souvent de mieux dormir. Pour qu'il soit vraiment délassant, il ne doit pas faire appel à l'esprit de compétition. Quel que soit le sport choisi, vous devez y prendre du plaisir et il doit constituer un véritable moment de détente. Certaines disciplines sont particulièrement bénéfiques aux spasmophiles, c'est le cas par exemple de la natation, du water-polo, du golf, du vélo ou de la danse.
Si vous n'aimez pas le sport, il est inutile, voire néfaste de vous forcer. Dans ce cas, préférez les activités physiques calmes comme la marche à pied, le yoga, le stretching, la gymnastique douce, la gymnastique sur plaque vibrante ou Power plate, etc. L'important est de les pratiquer en moyenne une demi-heure par jour. Ce conseil vaut d'ailleurs pour tout le monde, que l'ont soit spasmophile ou non, car l'activité physique permet de se préserver du stress.

Mon conseil: Attention aux sports qui essoufflent


Le football, le rugby et tous les sports d'équipe en général, ainsi que le tennis et la course à pied, provoquent une accélération du rythme respiratoire qui peut entraîner une crise de spasmophilie. Prudence donc, si vous les pratiquez!